DE RETOUR PARMIS NOUS, NOTRE MARATHONIEN Sébastien PETIT vous commente cette extraordinaire journée du Dimanche 03 novembre 2002 :
5 heures 30 : Après une douche et une dernière vérification de l'équipement indispensable à la course, il est temps de rejoindre la salle du petit déjeuner pour une dernière assiette de pâtes. Contrairement à l'amusante et bruyante pasta party de la veille, l'ambiance est maintenant à la concentration pour beaucoup de participants.
6 heures 00 : Du centre de Manhattan, un ballet incessant de cars commence à transporter les 32000 coureurs vers le départ. La file d'attente pour embarquer est à la hauteur de l'événement.
7 heures 40 : Arrivée à Staten Island, le départ est prévu dans... 3 heures 35. Le temps s'annonce ensoleillé, mais un vent froid descendu du Canada souffle sur les bords de l'Hudson. Il fait 32°Fahrenheit (environ 2°C).
10 heures 15 : Il faut adopter la tenue de course définitive, les sas de départ ouvrent dans 15 minutes. C'est alors l'embouteillage vers les 3 principaux sas : environ 10 000 personnes prennent place dans chacun d'entre eux. Le 4ème, réservé à l'Elite, n'accueille que quelques centaines de coureurs.
11 heures 15 : Le starter retentit enfin. Je franchis la ligne de départ réelle 45 secondes après, mais la montée du célèbre Pont Verrazano n'est pas une formalité ; Marche, course et périodes d'arrêt total se succèdent. Ca n'avance plus ! Des coureurs prennent des photos, les hélicoptères de la télévision et de la sécurité tournent autour du pont, les Coast Guard et les navires de guerre bloquent l'accès à toute embarcation en amont et en aval du pont. La situation est tout à fait irréelle à vivre, mais le chrono, lui, défile.
11 heures 38 : Finalement, je quitte le pont avec déjà plusieurs minutes de retard sur mon plan de course. A l'entrée dans Brooklyn, le rythme de course reste irrégulier et, en zigzaguant au milieu des participants, je n'ai "que" 12 minutes de retard au 5ème km. Côté spectateurs, l'ambiance est étourdissante. Des milliers de personnes applaudissent, encouragent, hurlent, des groupes et des fanfares jouent tous les 500 mètres. Du 5ème au 27ème kilomètre, je cours sans ressentir la moindre difficulté. Poussé par ces encouragements inhabituels, je dépasse peut-être 5000 coureurs en 20 km.
13 heures 25 : A l'approche des 2/3 du parcours, j'ai réduit à 9 minutes l'écart avec mes prévisions. En abordant Queensboro Bridge, le troisième des cinq ponts à franchir, sa longue montée vient me rappeler que, malgré mon enthousiasme, le Marathon n'est jamais un exercice gagné d'avance. Dans la 1ère Avenue de Manhattan, une longue ligne droite de 6 km vers le Bronx, ma foulée est encore acceptable, mais je commence à perdre un peu de vitesse.
14 heures 00 : En quittant le Bronx : il faut rejoindre Central Park par la 5ème Avenue. A 7 km de l'arrivée, il m'est toujours possible d'arriver en 3 heures 15'. Mais c'est là que j'ai rendez-vous avec le fameux "mur" du marathonien. Le potentiel physique semble alors disparaître en quelques centaines de mètres. Heureusement, je dispose encore de suffisamment de motivation et d'un peu de lucidité pour gérer la fin de course.
14 heures 45 : Ces derniers kilomètres ressemblaient à des miles ! J'atteins finalement l'arrivée en 3019ème position et en 3 heures 30 minutes et 32 secondes. Les douleurs sont nombreuses, mais la joie d'être allé cette fois encore au bout de soi-même est immense, surtout sur cette course mythique qu'est New York.
20 heures : Il est temps d'aller dîner. Ce soir, tous les excès gastronomiques sont permis. Les muscles des jambes n'ont presque plus d'élasticité et il faudra quelques jours pour retrouver une démarche normale. Mais déjà, il est indiscutable que ce marathon est exceptionnel à vivre, pour son parcours et sa convivialité. Un jour ou l'autre, je reviendrais courir à New York.
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